Penser l’avenir du numérique avec Shadow et le PC dématérialisé

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Depuis fin 2016, la start-up française Blade offre la possibilité de s’abonner à un ordinateur à distance. L’ordinateur est stocké sur leurs serveurs accessibles par la fibre. Pour cela, vous pouvez vous munir d’un boîtier (shadow box) que l’on branche à son écran, ou par application. Cette location coûte entre 30€ et 45€ par mois. Plus besoin d’un ordinateur haute performance pour le gaming ou votre bureautique, il suffit d’un simple écran. L’entreprise française se charge même de mettre à jour la carte graphique ou le processeur afin de proposer, à distance, des performances optimales. Cette prestation semble prometteuse, elle suppose un accès pour tous : avec un ordinateur obsolète vous pouvez accéder à un service informatique dernier cri. Il convient alors de comprendre l’impact de ce service sur le futur de l’informatique au niveau de l’accès du partage des données, mais aussi, le défi écologique supposé par l’utilisation des serveurs dans la gestion des ressources. 

D’abord, ce service semble avantageux pour le consommateur. Ce Pc un ligne permet un gain économique. Alors qu’un ordinateur haute performance coûte 1500€ en moyenne mais sera obsolète. L’entreprise se charge du renouvellement matériel tous les 3 ans. Cela permet de profiter de graphismes en haute qualité, avec une fluidité d’image optimale n’importe où. Grâce à la 4G et bientôt la 5G, vous pouvez jouer depuis votre mobile à vos jeux. Cette accessibilité semble futuriste. Afin d’offrir un accès informatique de qualité, l’utilisateur n’a plus à se soucier de l’obsolescence matérielle. Cette entreprise nous permet d’imaginer l’ordinateur de demain accessible à tous, n’importe où. On peut alors envisager un service d’état permettant à chacun de financer son ordinateur grâce à un impôt comme la redevance pour l’audiovisuel public. De plus, ce service à distance permet d’assurer une meilleure sécurité des données. En effet, Blade, est composée de professionnels de l’informatique qui ont un meilleur savoir-faire que le particulier afin d’assurer une meilleure protection des données. Cela permet aussi d’envisager un service d’état de protection des données. Il faudrait alors garantir une neutralité de l’état, et une coopération avec le privé afin que les données ne soient pas réutilisées dans un but lucratif. Mais, cette utopie s’avère plus réaliste lorsqu’il s’agit de trouver des solutions pour une gestion et un partage des données respectueux des droits de tous. Les États sont en conflit dans la gestion des données avec les entreprises privées : une entente entre public et privée peut être une solution bénéfique pour les consommateurs. On voit aujourd’hui des polémiques germer sur la gestion des données au sein des réseaux sociaux, notamment par Facebook ou Instagram. On peut se demander si, une plus grande influence des États ne serait pas plus adéquat pour endiguer la transmission virale de vidéos. On peut citer la vidéo live de l’attentat de Christchurch. Cette séquence est restée en ligne plus d’une demi-heure. Cette durée a laisse libre court à des d’images violentes possiblement diffusibles sur d’autres plateformes. Les gouvernements se contente de tirer les oreilles de Mark Zuckerberg qui met en avant les failles de système de reconnaissance de la violence. Ce dos-à-dos se révèle infructueux, peut-être que sortir de cette logique permettrait une meilleure gestion de la liberté des citoyens numériques. On peut aussi citer, Instagram qui censure les publications exposant la nudité d’une oeuvre d’art au nom de la bienséance. Cela atteint la liberté numérique. Cette confrontation état contre entreprise peut s’apparenter à du laxisme éthique. La collaboration serait une meilleure solution plutôt que d’attaquer au nom de la morale ces entreprises. De plus, ces entreprises développent une indépendance qui risque de favoriser leurs intérêts plutôt que la liberté des citoyens.

 Par la suite, cette nouvelle manière de consommer l’informatique doit interroger l’impact de ce domaine sur l’environnement. De prime abord, favoriser la connectivité plutôt que la productivité de machines toujours plus performantes supposerait une exploitation des ressources plus modérée. Un PC en ligne suppose une mutualisation des ressources : des milliers d’écrans gérés par une maison mère pourrait moins consommer d’énergie qu’un milliers d’ordinateur fixes haute performance. Cette réflexion autour de l’empreinte écologique de l’informatique est un défi pour le futur de ce domaine. En effet, évoquer les serveurs implique un lieu physique de stockage où sont hébergé les données à distance. D’ici 2021, selon une étude Cisco, ce mode d’hébergement des données à distance, appelé cloud, représentera 55% du trafic et, 53% des serveurs utilisés. Cette course aux serveurs, à un impact sur l’énergie consommé car ces serveurs demandent une consommation importante d’électricité : en France, selon l’Union Française d’Électricité (UFE) la consommation de ces serveurs (data centers) s’élèverait à environ 3 TWh en 2015 (l’équivalent de la consommation électrique pour la ville de Lyon). Cette consommation s’explique par l’alimentation des serveurs mais, pas seulement. La climatisation nécessaire afin d’empêcher la surchauffe est une part importante de la consommation d’énergie. Aujourd’hui, Facebook a investi dans un data center dans une ville du nord de la Suède, où la température annuelle moyenne va de -1 à 5 °C. Cela permet de refroidir gratuitement les serveurs des réseaux sociaux grâce à l’air extérieur. Cela réduirait la demande d’électricité surtout que Facebook utilise une activité hydroélectrique. Il convient alors de s’assurer de la production écologique d’électricité. Sachant que, la chaleur produite par les data centers peut être récupérée pour chauffer les bureaux.  Il faut aussi se soucier de la modification des environnements glaciers. Ce sont des lieux où l’activité humaine n’est pas pleinement influente. Cela peut risquer de dérégler la symbiose de ces milieux.

En somme, cette entreprise française du cloud computing permet de nous interroger sur un débat éthique essentiel pour envisager le progrès numérique. On ne peut parler de progrès numérique seulement si son impact sur l’environnement est acceptable. L’ouverture pour tous n’est pas un critère suffisant. Ainsi, l’impact éthique et environnemental sont deux critères nécessaires afin d’envisager un progrès responsable de notre civilisation numérique.

Marseille sur roulettes


Un nouveau bruit se fait entendre depuis plusieurs semaines au sein de la cité phocéenne. Ce bruit est celui de l’antivol des nouvelles trottinettes électriques que certains téméraires déclenchent en voulant démarrer sans payer. Ce moyen de déplacement est viral dans les villes du monde, et attise la curiosité des marseillais. Nous pouvons alors nous interroger sur la bienfaisance et, à l’inverse, la nuisance causée par ce phénomène dans le but d’envisager la cohabitation avec ce nouveau mode de déplacement au sein de l’espace public.

Tout d’abord, ce moyen de déplacement est le reflet du contexte écologique actuel car ces trottinettes fonctionnent à l’électricité. Pour la ville marseillaise, ce moyen de déplacement peut favoriser le dynamisme économique. En effet, ce moyen de locomotion est idéal pour les hommes d’affaires  qui souhaitent se déplacer rapidement comme en témoigne le centre d’affaires de la Défense sur Paris où la trottinette a du succès. Cela pourrait renforcer l’attractivité de certains quartiers de la ville. D’autre part, ces engins électriques pourraient compléter l’offre des transports. En effet, malgré le succès du tramway, le métro ne dessert la ville que partiellement, et, les bus peinent à respecter leurs horaires du fait de la densité du trafic et des travaux perpétuels.

Cependant, ce phénomène doit être envisagé dans la globalité de ses conséquences. Outre les nuisances sonores pour les riverains que peuvent causer leur utilisation frauduleuse, on ne peut omettre que ces trottinettes sont financées par le privé. Plutôt que compléter l’offre des transport, ces trottinettes sont en concurrence avec les vélos en libre service. Cette concurrence risque de décrédibiliser la politique de la ville sur l’aménagement des transports. Ensuite, il est indéniable que ces engins capables d’atteindre les 20-30 km/h sont un danger pour les utilisateurs et les piétons. On doit prendre en compte que cette nouveauté risque de rendre l’accès à l’espace public plus difficile pour certaines catégories de la population. Les trottinettes pouvant être stationnées à n’importe quel endroit risquent de bloquer l’accès à certains trottoirs aux personnes âgées ou, aux handicapés.

En somme, ce nouveau moyen de transport doit s’accompagner d’une législation afin d’être réellement bénéfique. Au niveau de la sécurité, la ville doit réfléchir aux voies accessibles à ce moyen de locomotion. Les trottoirs leurs seront bientôt refusés sous peine d’amende, par contre leur utilisation est acceptée sur piste cyclable. Il faut aussi prendre en compte la recrudescence d’accidents. Pour y répondre, la législation californienne oblige les usagers à se munir d’un casque. Pour conclure, la législation doit être homogène au sein des grandes métropoles françaises afin d’assurer une mobilité en cohabitation avec l’espace public. 

« Shutdown » le plus long de l’histoire des États-Unis

Donald Trump face au Congrès le 28 février 2017

À la fin de l’année 2018 Donald Trump s’est prévalu de la croissance économique de son pays résultant de sa politique. Ce début d’année 2019 pourrait annoncer un retournement de situation. Depuis le 22 décembre, les américains souffrent du shutdown; l’administration est à l’arrêt.

Donald Trump défend son projet du mur à la frontière mexicaine. Le président se présente comme le protecteur de son peuple face aux menaces dues à l’immigration. Les démocrates refusent de le financer lors du vote du budget à l’assemblée.

À partir de cette situation, il est possible d’envisager un affaiblissement de l’actuel président. Mais, ce n’est pas une prédiction assurée : nous devons analyser les facteurs institutionnels et économiques qui peuvent jouer en sa défaveur et, en sa faveur.

Tout d’abord, l’immobilisme des institutions implique la précarité des fonctionnaires. Les salaires gelés plongent les fonctionnaires dans la précarité. En ce moment, certains fonctionnaires sont obligés de faire appel à la soupe populaire. Ce modèle de survie est à l’opposé de l’idéal économique promis par la politique du président. Les effectifs de l’administration juridique et policière sont directement impactés. De ce fait, le président pourrait être accusé d’ingérence et, d’avoir mené à l’insécurité . En effet, l’action du département de l’intérieur face au trafic de drogue, la délinquance ou, la surveillance des frontières diminue, les rouages de la justice rouillent aussi. On peut alors se demander si cet entêtement peut l’amener à perdre la confiance de son électorat fidèle. Néanmoins, le socle électoral pour l’actuel président reste solide. Nous devons prendre en compte cette mentalité américaine. La construction du mur est la figure de proue de la communication de Trump sur l’immigration. Cette communication basée sur la peur et la défiance est un protectionisme national qui parle à la classe populaire du pays . J’ai récemment pu observer la mentalité individualiste américaine lors d’un voyage en Californie. Plus précisément, dans un village fantôme d’une cinquantaine d’habitants, Darwin, ancienne cité minière. Cette idéologie est observable dans la classe appelée « redneck ». Ce terme désigne un groupe d’individus euro-américains vivant dans les milieux reculées. Dans ce village isolé en plein milieu du désert, certains étaient partisans de Trump tandis que d’autres se désintéressent de la politique. Mais, tous avaient comme point commun un véritable élan patriotique. Par fierté, le doyen du village refuse l’assistance médicale publique en dépit de sa mauvaise santé et d’autres, ont la culture des armes qu’ils pratiquent dans les plaines désertiques. Ce mode de vie témoigne de l’individualisme qui règne dans les esprits américains. Ces esprits assimilent toute aide d’État à de l’assistanat et vont dans le sens « America first ». J’ai pu alors relever un véritable paradoxe, cette classe « redneck » est sensible au protectionnisme identitaire et économique mais, dans son mode de vie comptent peu sur l’aide d’État. Sans oublier que, le bloquage à l’assemblée est dirigé par les démocrates. La stratégie de communication des républicains à l’oeuvre vise à dénoncer le parti adverse comme antipatriotique et responsable de l’immobilisme.

Au niveau économique, les agents administratifs en charge de la surveillance économique (comme l’inflation), mais aussi, la vie des affaires (appels d’offres ou fusion d’entreprises) sont en « stand-by ». Le PIB de la nation américaine et le dollar dont Trump est si fier risquent de perdre de leur notoriété. Ce risque de ralentissement du PIB peut amener le président à maintenir son bras de fer vis à vis des grandes puissances commerciales mondiales (Europe, Chine) afin de ne pas perdre de terrain. Cette politique économique de renégociation des traités, par exemple sur les importations, peut absorber les faiblesses causées par le shutdown. 

Malgré l’incertitude des effets du shutdown , nous pouvons nous poser les questions suivantes : n’est-il pas déjà trop tard pour l’activité économique du pays ? La politique économique mise en place va-t-elle profiter à Trump ? Dénoncer l’immoralité des démocrates et, jouer la corde de la sécurité auprès de son électorat sera-t-il suffisant pour masquer les pertes du shutdown ?