« Shutdown » le plus long de l’histoire des États-Unis

Donald Trump face au Congrès le 28 février 2017

À la fin de l’année 2018 Donald Trump s’est prévalu de la croissance économique de son pays résultant de sa politique. Ce début d’année 2019 pourrait annoncer un retournement de situation. Depuis le 22 décembre, les américains souffrent du shutdown; l’administration est à l’arrêt.

Donald Trump défend son projet du mur à la frontière mexicaine. Le président se présente comme le protecteur de son peuple face aux menaces dues à l’immigration. Les démocrates refusent de le financer lors du vote du budget à l’assemblée.

À partir de cette situation, il est possible d’envisager un affaiblissement de l’actuel président. Mais, ce n’est pas une prédiction assurée : nous devons analyser les facteurs institutionnels et économiques qui peuvent jouer en sa défaveur et, en sa faveur.

Tout d’abord, l’immobilisme des institutions implique la précarité des fonctionnaires. Les salaires gelés plongent les fonctionnaires dans la précarité. En ce moment, certains fonctionnaires sont obligés de faire appel à la soupe populaire. Ce modèle de survie est à l’opposé de l’idéal économique promis par la politique du président. Les effectifs de l’administration juridique et policière sont directement impactés. De ce fait, le président pourrait être accusé d’ingérence et, d’avoir mené à l’insécurité . En effet, l’action du département de l’intérieur face au trafic de drogue, la délinquance ou, la surveillance des frontières diminue, les rouages de la justice rouillent aussi. On peut alors se demander si cet entêtement peut l’amener à perdre la confiance de son électorat fidèle. Néanmoins, le socle électoral pour l’actuel président reste solide. Nous devons prendre en compte cette mentalité américaine. La construction du mur est la figure de proue de la communication de Trump sur l’immigration. Cette communication basée sur la peur et la défiance est un protectionisme national qui parle à la classe populaire du pays . J’ai récemment pu observer la mentalité individualiste américaine lors d’un voyage en Californie. Plus précisément, dans un village fantôme d’une cinquantaine d’habitants, Darwin, ancienne cité minière. Cette idéologie est observable dans la classe appelée « redneck ». Ce terme désigne un groupe d’individus euro-américains vivant dans les milieux reculées. Dans ce village isolé en plein milieu du désert, certains étaient partisans de Trump tandis que d’autres se désintéressent de la politique. Mais, tous avaient comme point commun un véritable élan patriotique. Par fierté, le doyen du village refuse l’assistance médicale publique en dépit de sa mauvaise santé et d’autres, ont la culture des armes qu’ils pratiquent dans les plaines désertiques. Ce mode de vie témoigne de l’individualisme qui règne dans les esprits américains. Ces esprits assimilent toute aide d’État à de l’assistanat et vont dans le sens « America first ». J’ai pu alors relever un véritable paradoxe, cette classe « redneck » est sensible au protectionnisme identitaire et économique mais, dans son mode de vie comptent peu sur l’aide d’État. Sans oublier que, le bloquage à l’assemblée est dirigé par les démocrates. La stratégie de communication des républicains à l’oeuvre vise à dénoncer le parti adverse comme antipatriotique et responsable de l’immobilisme.

Au niveau économique, les agents administratifs en charge de la surveillance économique (comme l’inflation), mais aussi, la vie des affaires (appels d’offres ou fusion d’entreprises) sont en « stand-by ». Le PIB de la nation américaine et le dollar dont Trump est si fier risquent de perdre de leur notoriété. Ce risque de ralentissement du PIB peut amener le président à maintenir son bras de fer vis à vis des grandes puissances commerciales mondiales (Europe, Chine) afin de ne pas perdre de terrain. Cette politique économique de renégociation des traités, par exemple sur les importations, peut absorber les faiblesses causées par le shutdown. 

Malgré l’incertitude des effets du shutdown , nous pouvons nous poser les questions suivantes : n’est-il pas déjà trop tard pour l’activité économique du pays ? La politique économique mise en place va-t-elle profiter à Trump ? Dénoncer l’immoralité des démocrates et, jouer la corde de la sécurité auprès de son électorat sera-t-il suffisant pour masquer les pertes du shutdown ?

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